1. L’essor de l’e-commerce va se poursuivre
    Les dépenses en ligne ne cessent d’augmenter. En 2019, en Belgique, l’e-commerce avoisine déjà les 10 % de parts de marché, part qui pourrait grimper jusqu’à 20 % d’ici à 2025 si on suit la tendance anglo-saxonne. L’impact sur le retail ‘brick & mortar’ continuera donc et même si cet impact direct du e-commerce ne devait représenter que 5 %, cela représenterait pas moins d’1 million de m² de surfaces commerciales potentiellement supprimées dans les années à venir en Belgique, essentiellement les commerces mal localisés et/ou non « remodelés »
  2. Des séniors toujours plus nombreux
    Avec le phénomène du vieillissement, on estime qu’en Belgique, en 2030, les séniors (+67 ans) seront plus nombreux que les plus jeunes (<18 ans). Vu ce poids démographique et leur pouvoir d’achat largement supérieur à celui des jeunes, cette cible mérite, d’après nous, qu’on se penche attentivement sur ses besoins et attentes.L’autre grande mutation en cours, c’est celle qui touche la composition des ménages. Les ménages d’une personne sont déjà les plus nombreux – ils représentent 34 % des ménages aujourd’hui, et on estime que cette part pourrait grimper à 42 % en 2070. Quant aux familles monoparentales, elles sont elles aussi toujours plus nombreuses (autour de 10 % des ménages actuellement).
  3. Améliorer l’expérience client : le ‘channel blurring’
    Un salon-lavoir intégré à un bar ? Le Wasbar, à Gand, était pionnier voici déjà quelques années. Un public principalement jeune vient y faire ses lessives et patiente sur place en prenant un verre ou en mangeant un bout. Le Wasbar est ainsi un précurseur de la tendance du ‘channel blurring’, ou hybridation commerciale. La recette a fait mouche, au point que de nouveaux Wasbars basés sur le même concept ont vu le jour dans d’autres villes.Ce qui caractérise ce type de concept mixte, que nous voyons essaimer un peu partout, c’est le focus sur l’expérience client : alors qu’hier les commerçants pouvaient se focaliser sur les produits qu’ils vendaient, il est aujourd’hui nécessaire de comprendre ce que veut, ressent, imagine le consommateur qui pénètre dans le lieu « de vente » . Notamment avec l’essor de l’e-commerce, il est important de donner au consommateur une bonne raison de sortir de chez lui. Les enseignes sont donc amenées à se différencier par une réelle valeur ajoutée. Notre conseil : la créativité est de mise pour séduire le client.
  4. Nouvelle génération écologique
    Les marches pour le climat de début 2019 nous l’ont bien montré : les jeunes générations sont particulièrement sensibles aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain. Cela se reflète dans leurs comportements de consommation : récup et seconde main, essor du mouvement zéro déchet et de la mode éthique… L’aspect éthique/écologique pourrait devenir un élément différenciant dans le retail de demain.
  5. Partage vs. achat
    Autre réflexe de ces jeunes générations : se tourner davantage vers le partage, plutôt que l’achat. Aujourd’hui, on loue ses robes de soirée, on préfère AirBNB à l’hôtel, on partage une voiture (ex. Drivy, Cambio…) et on emprunte ses outils dans une bibliothèque d’outils (ex. Tournevie).Si l’argument principal est économique, l’écologie joue là aussi un rôle : le partage permet de réduire la consommation de ressources. En outre, il renforce le sentiment d’appartenance à une communauté d’individus aux idées similaires. Nous sommes persuadés que la culture du partage ne va faire que s’affirmer.
  6. Le ‘placemaking’ pour redynamiser les espaces urbains
    Alors que les villes voient leur population grandir rapidement, l’enjeu est aujourd’hui de maintenir ou de redévelopper leur qualité de vie. Le ‘placemaking’, démarche d’« appropriation citoyenne des espaces publics par la communauté depuis leur conception jusqu’à leur gestion » est une des réponses qui obtient un soutien croissant des décideurs politiques. Le ‘placemaking’ se veut un processus collaboratif et inclusif qui vise à redynamiser des quartiers et espaces publics. Cela se traduit concrètement en parcs réinvestis par des guinguettes à l’ancienne, plaines de jeux temporaires sur des places, etc.Cette redynamisation urbaine mène aussi à un regain d’intérêt du retail pour les centres-villes, dans une volonté de se rapprocher des clients. Après des décennies de développement en périphérie, nous assistons depuis quelques années à une tendance inversée d’investissement des centres-villes par de grandes enseignes plutôt présentes en périphérie auparavant. Nous vous avions déjà parlé, par exemple, du développement exponentiel en ville des supérettes comme les Carrefour Express et autres Proxy Delhaize. Aujourd’hui, même le géant IKEA envisage de tester un concept de magasin adapté aux centres-villes – dont Bruxelles.
  7. L’heure est à la mixité commerciale…
    Toujours dans l’optique d’améliorer l’expérience client, nous voyons beaucoup de potentiel dans le renforcement de la mixité commerciale – que ce soit en centres-villes ou dans les centres commerciaux et autres retail parks. Dans les centres-villes, l’horeca, les loisirs et la culture jouent depuis toujours un rôle fondamental et ont bien mieux résisté au déclin plus général du commerce. Les CC comprennent eux aussi désormais qu’ils doivent se montrer plus complémentaires à l’e-commerce en offrant une expérience différente, plus complète. La part du Food & Beverage (F&B) y augmente solidement, ce qui bénéficie à l’ensemble des commerces. Sans oublier les concepts totalement novateurs qui poussent bien plus loin la notion de mixité.
  8.  …et à la mixité fonctionnelle
    En effet, au-delà de la nécessité d’une mixité dans le retail, l’heure est au développement de concepts et de parcs où la fonction commerciale est intégrée à un mix d’autres fonctions : logement, services, logistique, bureaux, loisirs, résidences services, équipements publics… Nous croyons fermement en cette approche transversale et systémique des Territoires. C’est à nos yeux la clé d’un développement équilibré et donc plus durable.

Vous voulez en savoir plus ou avoir l’avis d’un expert ?

“Contactez-nous”